Livre d'or et témoignages

Date: 12/02/2016

Par: Annabelle, maman d'Allyre

Sujet: Convaincre et persuader...

L'écriture représente un problème pour mon fils depuis le CE1.
Il a d'abord été suivi par une orthophoniste (c'est remboursé) pour corriger son graphisme. Cela a consisté en séances hebdomadaires de lignes, bâtons, spirales, une bonne partie de l'année de CE2 et abouti au constat suivant de la part de son institutrice pourtant gentille: "Au bout de 27 séances c'est pire". Je ne l'ai pas mal pris de sa part car j'ai plutôt compris que l'écart entre mon fils et ses camarades qui eux continuaient à progresser sans obstacle s'était creusé. Il faisait mieux les bâtons, les spirales, mais les lettres enchaînées, c'était une autre paire de manches.
L'année suivante, en CM1, il a été suivi par un psychomotricien qui a préféré une approche plus globale évitant d'aborder la graphie. Très à l'aise et même en avance dans tous les mouvements amples (sports, équilibre, etc.), mon fils manquait en fait de confiance et de précision en motricité fine (deux ans de retard au minimum). Les séances lui ont fait du bien et nous avons connu une amélioration notamment dans la gestion du stress et des colères et peut-être aussi un petit peu en écriture. Mais mon fils était encore très en retard par rapport à ses camarades, faisait bonne figure en classe car il a toujours eu des enseignants bienveillants et ne s'est pas braqué devant eux. A la maison, c'était une autre histoire. Toute la frustration liée à sa lenteur, sa grande crispation, nous menaient à des scènes épiques et j'avais l'impression qu'il faisait les devoirs non pas avec moi mais "contre" moi. Un véritable calvaire qui durait depuis le début de l'école élémentaire...
J'ai découvert le site de Laurence Pierson l'an dernier et nous avons commencé la rééducation à la fin de son année scolaire de CM1 afin d'aborder le collège plus sereinement. Je dis "nous" parce que le fait d'assister aux séances est un vrai bénéfice. On peut voir exactement quelles parties du geste doivent être corrigées.
Je ne remets absolument pas en cause le travail mené par l'orthophoniste (remboursé, et ça compte), ni celui effectué avec le psychomotricien (pas du tout remboursé et une fois par semaine ça compte aussi, hélas). Ils ont été très à l'écoute et ont pu aider mon fils dans plusieurs domaines et nous aurions eu du mal à avancer sans eux.
Néanmoins c'est le travail avec Laurence Pierson que j'ai trouvé le plus fructueux pour l'écriture et aussi le plus économique car le parent peut s'y investir dans les séances quotidiennes à la maison et que les rendez-vous sont espacés.
Ayant assisté aux séances, je peux affirmer qu'elle est très pédagogue. D'abord elle utilise de nombreux outils capables de mesurer objectivement aux yeux de l'enfant son problème. C'est important pour obtenir plus facilement son adhésion. Ensuite, passionnée par son sujet, cultivée, elle sait offrir au moment opportun des références historiques sur l'écriture à l'enfant, expliquées très simplement. Celles-ci encore aident à persuader le récalcitrant (l'enfant ne serait pas là s'il ne l'était pas un peu), pour l'aider à avoir envie de changer, d'abandonner un geste particulièrement inefficace. En tant que parent, on a souvent remarqué quelque chose qui n'allait pas dans ce geste malhabile, mais nous n'avons pas été écouté.
Elle sait convaincre par ses arguments et persuader avec fermeté parce qu'elle a l'expérience et l'expertise. Elle trouve des comparaisons, des analogies qui aident l'enfant à comprendre pourquoi la pente de la facilité apparente qu'il a choisie, est en réalité un obstacle. Or, il ne suffit pas en effet de corriger le geste inefficace, il faut aussi agir sur l'esprit. Pour changer un geste profondément ancré en soi, il faut vraiment beaucoup de volonté, c'est extrêmement difficile. Si l'enfant ne change de geste que lorsqu'il est surveillé, pour avoir la paix, mais qu'on n'a pas réussi à le convaincre, il continuera chaque fois qu'il peut le faire discrètement à revenir vers son geste inefficace mais habituel. Le convaincre est donc primordial.
Bref, par son expérience et ses discours efficaces, elle obtient la collaboration effective de l'enfant (progressivement quand même). En outre, elle remarque évidemment beaucoup plus d'éléments que nous à corriger.
Enfin elle met l'enfant face à ses responsabilités envers lui-même: s'il persiste à ne pas vouloir changer de geste, elle lui laisse le choix d'arrêter complètement la rééducation et éventuellement de revenir s'il en ressent le besoin à une autre période de sa vie. J'ai trouvé cela aussi très transparent et intelligent.
Nous avons en tout eu besoin de 7 séances. Mon fils a parfois été un peu réfractaire à la maison et a pu rechigner au début à corriger ses gestes en classe, mais elle a su trouver comment l'aider à transformer progressivement son geste et a vaincu ses objections et ses craintes. Il a maintenant corrigé la plupart de ses défauts et gagné globalement en lisibilité, propreté et rapidité. Il reste encore un peu lent mais je suis assez confiante pour l'entrée en sixième car il sait ce qu'il doit continuer à faire pour parvenir à écrire plus facilement. Je me dis aussi que je peux éventuellement rencontrer les enseignants du collège à la rentrée et leur montrer le dossier de travail pour qu'ils sachent que des efforts sont faits. Dialoguer permettra sans doute d'obtenir de leur part une forme de compréhension, de la patience et de la bienveillance, attitudes nécessaires pour que l'enfant ait envie de continuer à se forcer à bien faire même si le résultat n'est pas encore absolument irréprochable.
Enfin, les progrès nets que mon fils a accompli en écriture ont aussi permis d'apaiser notre relation. Pour tous les parents qui souffrent avec leur enfant, je pense que c'est aussi un message d'espoir que le livre ici.
Un grand merci donc à Laurence Pierson qui fait très bien ce à quoi elle s'engage.


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